IVG ou avortement vu par un(e) musulman(e)

 

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Sur le plan médicale 

 

Définition : 

Il s’agit de l’expulsion volontaire hors de l’utérus de L’embryon ou du foetus, causant la mort de celui-ci. Une IVG est provoquée pour un enfant non désiré dans le cas d’un problème médical il s’agit d’une ITG (interruption thérapeutique de grossesse). De nombreuses personnes considèrent l’IVG comme un acte immoral.

 

Il existe 2 méthodes d’IVG 

* l’IVG instrumentale (chirurgicale) pratiquée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique),

* et l’IVG médicamenteuse pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet de ville, en centre de planification et en centre de santé 

 

Les délais dépendent de la méthode choisie :

* l’IVG chirurgicale peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 12e semaine de grossesse, soit 14 semaines après le début des dernières règles, 

* l’IVG médicamenteuse est pratiquée jusqu’à la fin de la 5e semaine de grossesse, soit au maximum 7 semaines après le début des dernières règles. En établissement de santé, ce délai peut être prolongé jusqu’à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines après la date des dernières règles).

 

IVG chirurgicale

La technique chirurgicale consiste en une aspiration de l’œuf, précédée d’une dilatation du col de l’utérus. L’ouverture du col utérin peut être facilitée par l’administration d’un médicament.

L’intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale. Vous choisissez avec l’aide du médecin le mode d’anesthésie le mieux adapté à votre situation.

L’hospitalisation dure en général quelques heures mais l’intervention en elle-même dure une dizaine de minutes.

Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG. Elle vous permet de parler de votre situation si vous en ressentez le besoin.

 

IVG médicamenteuse

La technique médicamenteuse consiste à prendre 2 médicaments (le 1er servant à interrompre la grossesse et le 2nd à provoquer l’expulsion de l’œuf). 

Le 1er médicament est pris en présence du médecin ou de la sage-femme au cours d’une 1re consultation. Le 2nd est pris de 36 à 48h plus tard en consultation ou à votre domicile.

Cette méthode ne nécessite donc ni anesthésie ni intervention chirurgicale.

 

Selon le ministère des affaires sociales et de la santé : 

” La majorité des études scientifiques sérieuses qui ont été publiées sur le sujet montrent qu’il n’y a pas de séquelle à long terme psychologique de l’avortement… “

 

Toutefois, des séquelles et complications physiques ont été dévoilées. Il est fort utile de les préciser. En effet, 

Certains effets secondaires peuvent se produire avec l’avortement provoqué. Il s’agit notamment des douleurs abdominales et des crampes, des nausées, des vomissements et de la diarrhée. Cependant, des complications peuvent survenir dans pas moins de 1 sur 100 avortements précoces et dans environ 1 sur 50 avortements postérieurs. Parmi celles-ci :

HÉMORRAGIE 

Un saignement après l’avortement est normal. Il existe cependant un risque d’hémorragie, surtout si l’artère utérine est déchirée. Lorsque cela se produit, une transfusion sanguine peut être nécessaire.

 

INFECTION

Les bactéries peuvent entrer dans l’utérus d’un avortement incomplet résultant en une infection. Une infection grave peut conduire à une fièvre persistante sur plusieurs jours et une hospitalisation prolongée.

 

AVORTEMENT INCOMPLET

Certaines parties du fœtus ne peuvent pas être enlevées par l’avortement. Des saignements et des infections peuvent se produire. L’avortement médicamenteux peut échouer dans jusqu’à 1 cas sur 20.

 

PERFORATION DE L’UTERUS

L’utérus peut être perforé ou déchiré par des instruments d’avortement. Le risque de cette complication augmente avec la durée de la grossesse. Si cela se produit, une chirurgie majeure, y compris une hystérectomie, peut être nécessaire.

 

DOMMAGE DE LA MUQUEUSE UTÉRINE 

Tubes d’aspiration, curettes et autres instruments d’avortement peuvent causer des cicatrices permanentes de la muqueuse utérine.

 

DOMMAGE DU COL

Le col peut être coupé ou déchiré par des instruments d’avortement.

 

DOMMAGES AUX ORGANES INTERNES

Lorsque l’utérus est perforé ou déchiré, il existe également un risque que des dommages surviennent à des organes proches tels que l’intestin et la vessie

 

RÉACTION ALLERGIQUE AUX DROGUES

Une réaction allergique à l’anesthésie utilisée pendant la chirurgie de l’avortement peut entraîner une convulsion, une crise cardiaque et, dans les cas extrêmes, la mort.

 

DÉCÈS

Dans les cas extrêmes, d’autres complications physiques liées à l’avortement, y compris un saignement excessif, une infection, des lésions aux organes d’un utérus perforé et une réaction indésirable à l’anesthésie peuvent entraîner la mort. Cette complication est très rare et se produit en moyenne, dans moins de 20 cas par an.

 

 

– 2 –

 Sur le plan religieux

 

A/ Ceci est une première fatwa (avis religieux) du savant cheickh ibn baz (qu’Allah lui fasse miséricorde) . 

 

Quel est le jugement de l’avortement en islam, est-il permis de le réaliser dans une certaine période (un laps de temps défini) ? Qu’Allah vous rétribue en bien. 

 

Il faut dans ce sujet bien détailler car certes cette affaire (l’avortement) est immense, L’avortement est en effet une grande affaire qui doit être détaillée :

Durant les 40 premiers jours, l’affaire est plus large. Si un besoin appelle à pratiquer l’avortement. Car (par exemple) elle (la femme enceinte) a des jeunes enfants dont elle doit assurer l’éducation mais que le fœtus (le bébé dans son ventre) lui rend difficile la tâche ; ou bien elle est malade et de même le foetus lui rend difficile la maladie alors il n’y a pas de mal à pratiquer l’avortement dans les 40 premiers jours. Mais pour ce qui est des 40 jours après l’étape d’adhérence “alaqa” ou d’embryon “moudgha”….. l’affaire est plus compliquée.

Il n’y a pas pour elle d’avortement possible sauf pour une forte excuse ou une forte maladie dont un médecin spécialisé a déterminé que cela nuirait à sa survie. Alors, il ‘y a pas en cela d’interdiction à pratiquer l’avortement pour ce cas là par peur d’une grande nuisance.

Pour ce qui est de l’étape secondaire à insufflation de l’âme après 4 mois de grossesse, il n’y a aucune permission possible mais il lui est obligatoire de patienter en le portant jusqu’à qu’elle accouche inchaAllah sauf si 2 experts de confiance ou + déterminent que la garde de l’enfant conduirait au décès de la mère. Il y a dans ce cas la permission à utiliser les moyens pour l’éjecter afin de ne pas risquer sa mort (de la mère), sa vie étant prioritaire.

Lors d’une nécessité absolue déterminée par 2 experts de confiance ou + sur le fait que cela présente un danger de mort pour la mère si on maintient le fœtus, il y a donc ici aucun mal à le faire. Avec les conditions mentionnées auparavant il n’ y a pas de mal en cela incha Allah.

Il en est de même s’il existe une malformation fœtale qui nuirait à sa grossesse ou un danger de mort provoqué par la présence de l’enfant, et ceci déterminé par l’avis de 2 experts de confiance ou plus ; il y a en cela une permission par cause de nécessité absolue. S’il y a donc un danger… un danger de mort déterminé par 2 experts de confiance.

Lien de l’article : 

http://www.binbaz.org.sa/mat/11894 //

Traduit par Oum Ibrahim et révisé par Abou Zaafran

 

B/ Allah -‘Azza wa Jal – a dit :

وَلَقَدۡ خَلَقۡنَا ٱلۡإِنسَـٰنَ مِن سُلَـٰلَةٍ۬ مِّن طِينٍ۬

ثُمَّ جَعَلۡنَـٰهُ نُطۡفَةً۬ فِى قَرَارٍ۬ مَّكِينٍ۬

ثُمَّ خَلَقۡنَا ٱلنُّطۡفَةَ عَلَقَةً۬ فَخَلَقۡنَا ٱلۡعَلَقَةَ مُضۡغَةً۬ فَخَلَقۡنَا ٱلۡمُضۡغَةَ عِظَـٰمً۬ا فَكَسَوۡنَا ٱلۡعِظَـٰمَ لَحۡمً۬ا ثُمَّ أَنشَأۡنَـٰهُ خَلۡقًا ءَاخَرَ‌ۚ فَتَبَارَكَ ٱللَّهُ أَحۡسَنُ ٱلۡخَـٰلِقِينَ

 

Traduction relative et approchée : 

« Nous avons certes crée l’homme d’un extrait d’argile, puis Nous en fîmes une goutte de sperme dans un reposoir solide. Ensuite, Nous avons fait du sperme une adhérence ; et de l’adhérence Nous avons crée un embryon ; puis, de cet embryon Nous avons crée des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous l’avons transformé en une toute autre création. Gloire à Allah le Meilleur des créateurs ! » S23 V12 à14

Et dans la Sounnah, il est rapporté d’après ibn Mas’oud – Qu’Allah l’agrée – que le Prophète – ﷺ – a dit :

« Certes, chacun de vous, lorsqu’il est créé dans le ventre de sa mère, est d’abord pendant quarante jours une goutte de sperme (Noutfa), puis devient une adhérence (‘Alaqa) pendant une semblable durée de temps, puis enfin durant un même laps de temps, devient un embryon (Moudgha). Là-dessus, l’ange lui est envoyé, qui insuffle l’âme, et il est ordonné à celui-ci d’accomplir quatre commandements, à savoir d’inscrire : les moyens de vivre (du nouvel être), le terme de son existence, ses actions, enfin son malheur ou son bonheur futur. » (1)

 

Ce qui suit est extrait de “Tanbihat ‘ala Ahkam Takhtass bil Mou-minate” page 36 à 39 

du cheikh Al Fawzan-qu’Allah le préserve-

« Par conséquent, ô toi Musulmane, tu es religieusement garante de ce qu’Allah a créé dans tes matrices, alors surtout ne cherches pas à le dissimuler. Allah a dit :

 

Traduction approchée et relative : 

« Et il ne leur est pas permis de taire ce qu’Allah a créé dans leurs matrices, si elles croient en Allah et au Jour dernier » S2 V228.

Et ne t’empresses surtout pas d’avorter et de t’en débarrasser par n’importe quel moyen car Allah t’a laissé l’opportunité de manger durant le mois de Ramadhan en cas de grossesse si le jeûne t’est pénible ou nuisible à ta grossesse.

Quant à ce qui s’est répandu à notre époque comme intervention chirurgicale facilitant l’avortement ; et bien -Nous sommes à Allah et c’est bien vers Allah que nous retournerons- ceci est strictement illicite.

Et si l’avortement s’effectue alors que l’âme a été insufflée au fœtus et que ce dernier meurt à cause de cela ; et bien ceci relève du crime contre une âme dont Allah a interdit le meurtre sans raison valable. Et cet acte est alors du domaine de la responsabilité des criminels qui évalueront le montant de l’amende ou bien la valeur de l’expiation chez certains savants (qui consistera à libérer un esclave ou pour celui qui ne pourrait le faire, jeûner deux mois consécutifs).

Certains savants ont même nommé cet acte « al Maw-oudatou as-Soughra » (le crime infantile mineur).

Cheikh Mouhammad ibn Ibrahim dit : « S’empresser d’avorter n’est pas permis tant que la mort du fœtus n’a pas été confirmée car dans ce cas alors l’avortement est permis » (2) 

De même, le verdict de l’assemblée des grands savants n°140 tenue le 20/4/1407 de l’Hégire fut le suivant : 

1. Il n’est pas permis d’avorter quelle que soit l’étape du développement de l’embryon sauf pour une raison religieusement valable, et ce dans des limites très restreintes.

2. Si l’embryon se trouve à sa première phase de développement équivalente à 40 jours et qu’il y aurait un bien fondé légal  (religieusement) ou un mal à repousser, il serait alors permis d’avorter. Quant au fait d’avorter durant cette période de peur de ne pouvoir assurer l’éducation des enfants, leur subsistance, leur enseignement, leur avenir, ou bien pour se limiter aux enfants que le couple possède déjà, alors ceci n’est pas permis.

3. Il n’est pas permis d’avorter lorsque l’embryon atteint la phase d’adhérence (‘Alaqa) ou d’embryon (Moudgha) tant qu’un comité de médecins digne de confiance ne déclare pas le fœtus comme étant un danger pour la mère pouvant entraîner son décès. Alors dans ce cas, l’avortement est permis et ce, bien sûre après avoir emprunter tous les moyens permettant d’éloigner les risques pour la mère.

4. Après la troisième phase de développement et après les quatre mois de portée, il n’est plus permis d’avorter jusqu’à ce que tous les médecins spécialisés dignes de confiance affirment que garder le bébé entraînerait le décès de la mère. Et ce, bien sur après avoir tenté tout pour sauver la vie du bébé. Et si l’avortement est permis sous ces quelques conditions, c’est pour repousser le plus grand mal des deux et s’enquérir du plus grand bien des deux.

Et cette assemblée lorsqu’elle prit ces décisions, recommanda de même la crainte d’Allah et le fait d’être prudent et pointilleux quant à cette question. Et Allah est Celui qui guide par excellence et que la paix et le salut soient sur notre Prophète Mouhammad et sa famille et ses compagnons.

Cheikh ‘Otheymine dit : « Si ce qui est entendu par l’avortement est la destruction de l’embryon, et que cela est fait après que l’âme soit insufflée, alors ceci est illicite sans aucun doute. En effet, cela revient à tuer une âme sans aucun droit. Tuer une âme sacrée est illicite par le Coran, la Sounnah et l’unanimité des savants ».(3)

L’imam ibn Jawzi dit : « Le but du mariage n’est autre que la procréation. Et le fœtus ne se formant que d’une partie du liquide, alors lorsque celui-ci est constitué le but est atteint. Donc le fait d’avorter va à l’encontre du bien fondé et de la sagesse. Sauf si ceci est effectué en début de grossesse, en effet, avant que l’âme ne soit insufflée au fœtus. Le péché est grave car le fœtus est pratiquement constitué mais le péché est moindre comparé à l’avortement effectué après que l’âme soit insufflée. Et si tu prémédites l’avortement après que l’âme eut été insufflée, alors  tu auras tué un croyant. 

 

Traduction relative et approchée : 

« Et qu’on demandera à la fillette enterrée vivante pour quel péché elle a été tuée » S81 V8 & 9 » (4).

Crains donc Allah, ô toi musulmane, et ne t’avise surtout pas à commettre un tel crime pour une raison futile et surtout ne te laisse pas berner par des idéologies fausses et des principes qui ne font qu’égarer et ne sont en conformité ni avec la religion ni avec la raison !!! »

(1) Hadith Authentique Rapporté par Boukhari et Mouslim

(2) Majmou’ al Fatawa, tome 11, page 151.

(3) Rissalat ad-dima at-Tabi’iya li nissa, page 60.

(4) Ahkam an-Nissa, pages 108 et 109.

 

Copié de al.baida.online.fr

Cheikh Salih Bin Fawzan Bin ‘Abdillah Al Fawzan – الشيخ صالح بن فوزان الفوزان

Dans tous les cas, contrairement à toute prétention d’origine diverse et variée, l’avortement représente bien une atteinte psychologique forte. N’hésitez pas à consulter des spécialistes inchaAllah.

Qu’Allah nous assiste.

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